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lundi 16 mars 2009

Sobatkoz Autour de Zistoir Kristian Le 20 Mars 2009 à l'ARCC




A l'occasion de la réédition de
Zistoir Kristian, premier roman écrit en créole réunionnais

L'ARCC vous convie à une rencontre-débat avec :
Serge Ah-Kon, l’une des « traducteurs » de la version de 1977.

La rencontre sera animée par André Robèr et Stéphane Hoarau, respectivement éditeur et préfacier de la réédition de 2009.

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Vendredi 20 mars 2009 à 19 h
Association Réunionnaise Communication et Culture
162 bis rue Pelleport 75020 Paris
Métro Télégraphe - Ligne 11 / Bus ligne 60 - arrêt Borrego
La rencontre sera suivie d'un cocktail

Entrée libre
Merci de réserver en nous adressant un e-mail : arcc2@wanadoo.fr

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Réédition de Zistoir Kristian, premier roman en créole réunionnais
- Édition bilingue en créole réunionnais et en français -


Français : En 1977, les éditions Maspéro éditaient un texte peu commun : le premier roman écrit en créole réunionnais avec une traduction en français et une préface très engagée. A l’origine de ce projet, un petit groupe de militants étudiants et d’ouvriers voulait témoigner de l’expatriation des jeunes travailleurs réunionnais en France, et dénoncer la situation coloniale qui persistait dans l’île malgré le changement de statut en DOM intervenu après guerre, en 1946.
Dans quelles conditions sociales et politiques ce projet a-il pris naissance ? Quels étaient les enjeux de l’époque ? Serge Ah-Kon, l’un des membres de ce collectif a témoigné, 30 ans après, à travers l’interview qui accompagne la réédition chez K’A de Zistoir Kristian. Lors de cette rencontre, il apportera son éclairage sur cette époque méconnue du militantisme gauchiste qui revendiquait l’indépendance de La Réunion pour sortir du colonialisme.
En 2009, comment la situation dans l’île a-t-elle évoluée ? Quelle est aujourd’hui la place de la langue créole ? Pourquoi rééditer ce texte vieux de plus de trente ans ? Stéphane Hoarau qui a écrit la préface de 2009, et André Rober qui a réédité le texte, apporteront leurs points de vue respectifs.

Kréol : Lané 1977, lo zédision Maspéro la edit in teks té sort lordinér : lo promié roman ékri an kréol rénioné ek in tradiksion an fransé é inn préfas té vréman angazé. Band boug la met an plas lo projé, té in ti group militan zétidian ek zouvrié. Zot i voulé dir koman band zéne travayér rénioné té anvoyé dann péi la Frans. Zot i voulé osi dénons lo sitiasion kolonial té ankor vivan la Rénion, mém si apré la guér, la Rénion lé doveni in DOM an 1946.
Koman lété la sitiasion sosial é politik kan zot projé la énét ? Kosa lété bann zanje dan se tan la ? Serge Ah-Kon, in boug la partisip dan lo kolektif Zistoir Kristian la rakonté, 30 zané apré, dan linterviou i trouv dan la réédision Zistoir Kristian. Dan lo sobatkoz, li va aport son lékléraz si lé zané lé pa tro koni ou na dé-troi militan gochiste té revandik lindépandans pou LaRénion é fini anfin ek la périod kolonial.
Koman ilé la sitiasion nout péi zordi an 2009 ? Kel plas la lang kréol i okip ? Akoz i falé réédit in vié zafér nana pli de 30 zané ? Stéphane Hoarau le boug la ékri la préfas 2009 ek André Rober le boug la réédit lo teks va done zot lopinion dan lo sobatkoz.






Blog andré Robèr : http://andrerober.blogspot.com/
Site de André Robèr http://a-rober.com
site des éditions k'a : http://www.editionska.com
Blog editions k'a : http://editionska.blogspot.com

dimanche 17 août 2008

Edito de Jean Louis Robert sur maloya.org

Je lis l'amendement i fé sobatkoz bann députés èk sénateurs dann ron Parlement :

"Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France."

Mon bous i ri tousèl. Le créole, mon Kréol (je lis avec les cannettes synecdochiques de mon nombrîle) enfin reconnu ! Je fais la boue avant la pluie ? C'est vrai, il faut attendre encore un peu. Mais, je le sens bien, le train lé bon, le train des sénateurs naturellement. Ils entendront d'une oreille bienveillante, mwin lé sir, la proposition consensuelle des députés de déplacer l'amendement de l'article 1 à l'article 75.

Akoz cet amendement i sré in bon zafèr ? L'article 2 qui dit que "Le français est la langue de la République." ne serait plus un obstacle à la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. Chacun sait qu'elle vise à améliorer l'utilisation des langues régionales dans des domaines comme la justice et l'enseignement. Parlfèt, l'adoption de cet amendement permettrait, comme l'avait promis le candidat Sarkozy, de "sécuriser une fois pour toutes la situation des langues régionales en France". Sécuriser, c'est-à-dire munir d'un dispositif de protection. Les langues régionales seraient donc en danger de mort ?

Alors un autre kozman s'échote, qui vyin tir grin bibas dann mon zorèy : "Chacun de nous est intéressé à maintenir intact ce beau patrimoine de la langue ; chacun doit y travailler pour sa part".

Cette phrase du linguiste Vendryes, en clôture d'un article intitulé "La mort de la langue", pointe l'urgence d'une mobilisation générale pour le maintien de l'identité de la langue française, oubliant ce constat de Dante: "une langue ne peut en aucune façon demeurer". Ce qui caractérise la langue fondamentalement c'est sa capacité à se transformer. Donk, il faut éviter de se laisser prendre dans le tramay fictionnel du pathos de la vie et de la mort des langues. Et garder à l'esprit qu'est vouée à l'échec toute tentative visant à maintenir et conserver l'identité d'une langue, nationale ou régionale. Même le marbre constitutionnel est impuissant à venger avec le flux héraclitéen des langues. Incidente : Ecrire c'est s'abandonner au cours fuyant des langues. S'abandonner jusqu'à un certain point, que j'appelle mélangue. Fin de l'incidente. Ainsi Dante, remarquant la variebilitas de la langue, rend inutile toute politique linguistique, fût-elle légitimée par le Grand Autre Constitutionnel.

Parlfèt, le surgissement des langues régionales dann ron la politique est un symptôme de la dépolitisation du politique et s'inscrit dans l'ordre de la police (Rancière), c'est-à-dire un ordre social où chaque groupe particulier, avec son identité propre (fournie par la langue ou d'autres marqueurs) est à la place qui est la sienne. Il s'agit, pour le Pouvoir, de répondre à toutes les revendications particulières (ici linguistiques) pour éviter qu'elles ne se mettent à fonctionner comme la condensation métaphorique de l'opposition à Eux (ceux qui sont au pouvoir), à l'instar du tiers-état qui se proclama, contre l'aristocratie et le clergé, identiques à la Nation en tant que telle.

Ainsi, l'inscription des langues régionales dans la Constitution participe d'une stratégie de culturalisation du politique (sa reformulation en termes culturels), dont le but est d'empêcher la survenue de l'acte politique à proprement parler.

Et là je commence de rire jaune.

Jean-Louis Robert © Maloya.org - Juillet 2008